Enquêter et agir contre l’intoxication de Rouen (et du monde)

Le 26 septembre à 19h, rencontre rouennaise autour du numéro 13 « Fumées noires et gilets jaunes » de la Revue Z

Avec Philippe Chamaret, de l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions de Fos-sur-Mer et Thomas le Roux, historien des pollutions industrielles.

En soutien à la mobilisation nationale pour une Auto-défense populaire face aux dangers industriels, l’équipe de la revue Z et ses invités seront à Rouen le 26 septembre un an après le gigantesque incendie qui a ravagé l’usine chimique Lubrizol et les entrepôts de Normandie Logistique.

« L’événement a eu lieu à Rouen, le 26 septembre 2019, et il y avait de la fumée noire. Est-ce un accident grave ? Pas sûr. A-t-il pollué l’eau et les terres ? Les études le diront. A-t-il intoxiqué les Rouennais·es ? Cela reste à prouver. L’industriel en est-il responsable ? En tout cas, il s’excuse pour le désagrément. »

Voilà comment nous résumions la situation il y a un an, en amorce de notre enquête à Rouen. Aujourd’hui, alors que la catastrophe de Beyrouth commence déjà à passer à l’arrière-plan, on voit se répéter les mêmes mécanismes pour nous faire accepter l’inacceptable. Un an jour pour jour après l’incendie de l’usine Lubrizol, l’équipe de Z, revue annuelle d’enquête et de critique sociale, revient à la rencontre des Rouennais·es pour présenter son enquête. Des zones industrielles de Haute-Normandie arpentées de long en large, du récit, du dessin, de la cartographie pour explorer les rouages de l’industrie pétrochimique et son impunité, décrypter la gestion gouvernementale de la catastrophe, et donner la parole à celles et ceux qui luttent, syndicalistes, gilets jaunes, médecins, habitant·es de l’aire d’accueil, paysann·es et riverain·es.

Que révèle Lubrizol de l’emprise de la pétrochimie sur nos vies ? Qui protège réellement le droit environnemental ? Que nous apprennent les luttes menées par des habitant·es de la Seine-Saint-Denis et de Fos-sur-Mer ? En réponse à l’appel à une mobilisation nationale d’auto-défense populaire contre les risques technologiques, nous vous proposons d’explorer les manières d’établir des savoirs populaires et de tisser des liens entre différents combats contre l’impunité industrielle et l’intoxication du monde. Avec l’équipe de Z, ainsi que Philippe Chamaret, président de l’Institut écocitoyen de Fos-sur-Mer qui mène ses propres enquêtes sanitaires et tente de mettre en place une expertise indépendante, et Thomas le Roux, historien des pollutions industrielles et du droit environnemental.

Au programme : retour sur le numéro 13 de Z : « Fumées noires et gilets jaunes », discussion, table de presse et buffet convivial

Lieu : 26 septembre à 19h, Salle Ostermeyer, 11 avenue Pasteur (à côté de la préfecture), Rouen

Pour découvrir et commander le dernier numéro : http://www.zite.fr/parutions/z13-rouenfumees-noires-et-gilets-jaunes/

Le site de l’Institut écocitoyen de Fos-sur-Mer : https://www.institut-ecocitoyen.fr/

L’appel « Lubrizol : Notre maison brûle et nous ne regarderons plus ailleurs ! » : https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/090920/appel-notre-maison-brule-et-nous-ne-regarderons-plus-ailleurs

© visuel : Maud Martin

La revue Z est en tournée

Présentations et discussions à venir

Plusieurs présentations de notre dernier numéro, « Fumées noires et gilets jaunes », sont prévues à la rentrée :

– Rendez-vous le vendredi 18 septembre à 18h30 à Saint-Julien Molin Molette. La présentation sera suivie d’une cantine et concert.

– [REPORTÉE POUR RAISONS COVIDIENNES] Une mini-tournée est prévue en Suisse, avec deux dates d’ores et déjà calées : le 22 septembre à 19h30 à Pôle Sud, à Lausanne, puis le 23 septembre à 20h30 à La Coutellerie, à Fribourg.

– Une Z présentera notre dernier numéro le 24 septembre à 19h30 à Ambert, au café associatif l’Élégante (8 petite rue de Goye), en lien avec les Lococotiers et la Gare de l’utopie.

– On sera à Caen le vendredi 25 septembre : rendez-vous à 18h30 à la Pétroleuse, 163 cours Caffarelli, 14120 Mondeville.

– Et le lendemain, le samedi 26 à 19h, on se retrouve à Rouen un an après l’incendie des entrepôts de Lubrizol et de Normandie Logistique. Adresse : salle Ostermeyer, 11 avenue Pasteur (à côté de la préfecture).

– Z sera à l’Hydre aux mille têtes (96 rue Saint-Savournin, à Marseille), jeudi 8 octobre à 19h, pour une discussion sur le Z13 avec l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions de Fos-sur-mer.

– Clémence et Celia présenteront la revue à la librairie Terra Nova à Toulouse (18 rue Gambetta). Ce sera le 15 octobre à 19h.

Vous pouvez retrouver par ici la liste de nos escales passées.

« Fumées noires et gilets jaunes »

Commandez dès maintenant notre dernière production

Déterminé·es à soutenir l’arrêt de toutes les activités économiques nuisibles mais certainement pas celle de la critique sociale, impatient·es de vous livrer le fruit d’une enquête trépidante à Rouen au lendemain de l’incendie de l’usine chimique Lubrizol, Z sort un nouveau numéro, une plongée dans la gestion gouvernementale du risque industriel, comme avant goût de l’État de catastrophe. Pour réfléchir à notre destin commun et soutenir la revue en ces temps difficiles, commandez-la donc dès maintenant chez nous ou chez un libraire ouvert, et n’oubliez pas de vous abonner ici. En attendant, voici en exclusivité un édito tout frais.

« Notre pain est politique »

Disponible en librairie

 

  • Comment cultiver du blé sans dépendre des multinationales ?
  • Pourquoi le gluten est-il devenu un problème pour la santé ?
  • Les semences paysannes sont-elles interdites ?
  • Qui sont les géants de la boulangerie industrielle ?
  • La baguette « tradition » et les pains surgelés sont-ils si différents ?

Véritable guide nous emmenant de la sélection du grain jusqu’à la cuisson du pain, ce livre permet de comprendre l’impasse nutritionnelle, écologique et sociale de l’industrie boulangère. Et, à partir des blés paysans, de découvrir la force collective de celles et ceux qui font autrement.

En attendant de découvrir le livre, vous pouvez déjà consulter son sommaire ainsi que le commander grâce à notre bon de commande.

« L’industrie minière crée des phénomènes qu’elle ne sait pas maîtriser »

Entretien avec ISF SystExt, collectif d’ingénieur·es de la mine en révolte

Le 25 janvier dernier, le barrage d’une mine de fer de la multinationale Vale s’effondre à Brumadinho dans l’État du Minas Gerais au Brésil, causant des centaines de morts. Au cours des 10 dernières années, 44 accidents de ce type ont eu lieu de par le monde, produisant des pollutions majeures et irréversibles. On se souvient, en 2015, des images ahurissantes de la coulée de déchets miniers toxiques qui a déferlé sur le fleuve Rio Doce suite à la rupture d’un barrage similaire dans le même Etat brésilien. Dans un entretien paru dans le Z12, les ingénieurs en révolte du collectif SystExt expliquent, à partir du cas de l’or, pourquoi la démultiplication des mines industrielles entraîne des pollutions de plus en plus destructrices.

Occuper les ronds-points : une tradition de lutte en Guyane

Récits du mouvement Pou Lagwiyann dékolé, avec des membres de l’Union des travailleurs guyanais

Depuis le 17 novembre 2018, le blocage de centaines de ronds-points sur tout l’hexagone est devenu la stratégie privilégiée de la révolte des gilets jaunes. Sur le sol guyanais, cela fait bien longtemps que les ronds-points sont des lieux de résistance, où l’on se retrouve pour débattre, partager des vivres et construire des cabanes. Retour sur le mouvement du printemps 2017, où même sur les fleuves s’organisaient des barrages!

Brésil en sol mineur

Voyage en Amapá, ancien paradis minier et nouvel eldorado de l’agro-industrie

Le 30 octobre 2018, Jair Bolsonaro, candidat d’extrême-droite, accédait à la présidence du Brésil. Vécu sur le mode de la surprise, cette poussée d’autoritarisme paraît en réalité plus profonde et plus prévisible quand elle est vue depuis l’Amazonie. En effet, l’économie d’exportation de matières premières, fondée sur le maintien des oligarchies régionales et la corruption généralisée, n’est pas sans rapport avec les désillusions démocratiques.

“Tout le monde déteste la start-up nation”

Visite de courtoisie dans une pépinière high-tech

Revenir sur les mobilisations du printemps 2018 pour penser celles à venir : tel est l’objectif des rencontres de collectifs en lutte qui ont été organisées le 20 octobre à Montreuil. L’occasion de revenir sur une action à la portée symbolique particulièrement puissante et dont la Plateforme d’enquêtes militantes a fait le récit dans la revue Z : en juin 2018, une bande d’empêcheur·ses de « startupper » en rond issue de toutes sortes de secteurs en lutte faisait une incursion remarquée à la Station F, vitrine parisienne des entreprises innovantes…

Défaire l’industrie

Blocage et recyclage, pour un monde habitable

Mauvaises Mines. Combattre l’industrie minière en France et dans le monde est sorti en librairie le 12 avril dernier. Ses huit courts chapitres dévoilent les menaces du « renouveau minier » français, les pollutions qu’il implique, ses faux-semblants écologiques et ses tentatives d’échapper au débat public. Nous publions ici le chapitre conclusif.

« Areva, rentre chez toi ! »

En Inde, parmi les résistants à l’EPR

Tout juste sept ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, Emmanuel Macron a profité samedi 10 mars 2018 de sa visite en Inde pour confirmer qu’un accord serait bien signé pour la livraison de six réacteurs EPR à Jaitapur, territoire côtier situé en zone sismique. En réalité, rien n’est encore joué : le fiasco du chantier de Flamanville, avec ses surcoûts pharaoniques et ses retards tout aussi démesurés, marque les tractations. Cela n’a pourtant pas empêché New Delhi de commencer les réquisitions de terres, il y a quelques années. En 2012, Z avait séjourné dans les villages alentours, à la rencontre des habitants déterminés à sauver leurs cultures fruitières et leurs activités en mer. Reportage parmi « les opposants au progrès », ces nouveaux ennemis intérieurs.

À Bure, semer contre la poubelle nucléaire

Forêt occupée et renaissances agricoles dans la Meuse

Le mardi 27 février 2018, hiboux, chouettes et autres créatures costumées ont convergé à Chatenay-Malabry, au siège de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Elles ont chanté leur refus du nucléaire et son monde, malgré l’expulsion musclée le 22 février 2018 des occupant·es du bois Lejuc, qui doit être rasé pour réserver son sous-sol aux rebuts de l’industrie atomique. Retour sur quelques années de résistance, où luttes foncières et luttes antinucléaires se mêlent dans la reprise en main de quelques hectares par de drôles d’oiseaux.

Depuis la Bourse du travail occupée

Maïmouna, occupante « sans-papière »

Le 30 janvier 2018, des exilé·es et leurs soutiens ont réquisitionné un bâtiment de l’université Paris 8 à Saint Denis. Cet hiver, des salles universitaires avaient déjà été occupées à Lyon ou à Grenoble. Une manière de faire tenir ensemble le besoin concret de réquisition des lieux pour ne plus dormir à la rue et la nécessité de s’organiser politiquement pour défendre la liberté de circulation. Ces occupations font écho à celle de la Bourse du travail, menée dix ans plus tôt par d’autres, qui avaient décidé de se faire appeler « sans-papiers ». L’occasion d’écouter Maïmouna, l’une des actrices de l’époque, qui raconte au collectif Précipité le quotidien de l’auto-organisation, entre cuisine collective et galères de chauffage.

Éloge du possible

Sur la résistance à l’aéroport du Grand Ouest

Lorsque je conterai à mes petits-enfants, si j’en ai un jour, les quarante années de lutte contre l’aéroport prévu dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes à côté de Nantes, je crois que je commencerai par les cabanes.
Celles qui font exploser l’imaginaire. Celles qui rendent invincible et qui transforment la lutte en un jeu permanent. Hommage à celles et ceux qui luttent sur la ZAD : « Zone d’aménagement différé », rebaptisée « Zone à défendre ».

40 ans de lutte à Notre-Dame-des-Landes

Souvenances d’une vie en contribution à la lutte contre l’aéroport

C’est un enfant de la terre. Un paysan en lutte. Un camarade qui restait dormir dans les usines en grève. Un militant qui n’écoutait pas les grands discours en 68. Un homme consterné par la gauche au pouvoir en 81. Un « otage du nucléaire ». Un passionné qui fabrique encore du commun. Un monsieur de 77 ans qui habite avec sa femme dans sa ville de toujours. Il dit en somme que si un aéroport n’a aucune racine, la résistance a elle un héritage.

Retour social sur investissement

Quand les fondations d’entreprise refont le monde

Fondations Vinci pour la Cité, Agir pour l’emploi Engie, Carrefour, Sanofi Espoir… Depuis la loi sur le mécénat votée en 2003, les fondations d’entreprise se multiplient, accumulant les initiatives reluisantes. Mais que font-elles au juste ?

Riposte !

Marche de nuit et autodéfense contre les agressions sexistes

En 2015 à Marseille, quelques mois après le viol d’une camarade, un groupe de proches décide d’organiser avec elle une marche de nuit de femmes et de personnes trans pour protester contre les différentes oppressions sexistes vécues au quotidien. Reportage-analyse à la rencontre de celles qui mettent en place des ripostes individuelles et collectives pour se dépêtrer des filets de la domination patriarcale.

Dans la Google du loup

Reportage au coeur de la Silicon Valley

Voyage sur le campus de la plus célèbre entreprise du monde, à l’intérieur des sous-bois du futur, à la rencontre de la supposée utopie où Google scénarise un monde et son langage.

L’utopie des technopoles radieuses

D’où vient-elle, où nous mène-t-elle ?

Le modèle technopolitain fondé sur la recherche-innovation s’est imposé à toutes les grandes villes. À l’origine conçues comme un moyen de dépasser les contradictions d’une économie fondée sur la consommation de masse et la destruction de la nature, ces «villes de la connaissance» en sont devenues le principal moteur. Comment passe-t-on du «small is beautiful» au nouveau gigantisme industriel ?

«Simplement, il faisait des enfants à sa fille»

Entretien avec Léonore Le Caisne, ethnologue

Dans «Un inceste ordinaire»1, Léonore Le Caisne enquête auprès des habitants d’un village de Seine-et-Marne, témoins d’un cas d’inceste perpétré pendant vingt-huit ans. Un travail qui interroge les mécanismes collectifs banalisant les viols en famille et met en évidence le lien entre inceste et domination masculine.