Les pages pleines et les poches vides

Pour tout l’or du monde, Z demande un peu de flouze
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D’où vient tout l’or du monde ? Pour sa douzième édition prévue à la rentrée 2018, Z explore les bas-fonds du capital : l’extraction minière. Un sujet immense qui a précipité l’équipe en Guyane, à 7000 km de son camp de base. Elle a enquêté en Amazonie, sur des terres menacées par un gigantesque projet minier, ironiquement nommé « Montagne d’Or ». Une belle folie pour une revue militante aux moyens très modestes et essentiellement bénévole.

Les pages pleines et les poches vides, Z lance une campagne de soutien d’un mois. En pré-achetant sur cette page notre prochain numéro, en faisant un don à la revue, et/ou en renouvelant votre abonnement, vous permettez à cette aventure de continuer.

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Voilà dix ans que notre équipe part bourlinguer ici et là et produit chaque année, pour pas cher !, 200 belles pages illustrées d’enquêtes, de grands reportages et témoignages. Dans l’idée, toujours la même, d’affûter la critique et de nourrir les luttes.

À Z, on rêvait depuis quelques temps d’un numéro spécial sur l’extraction minière où se jouent parmi les plus grandes batailles environnementales de ce siècle. Dans le prolongement du livre Mauvaises Minessorti ce printemps, mener une belle enquête sur la soif des métaux, pierre de touche de l’accumulation capitaliste et ressort incontournable de sa poursuite effrénée.

Le boom minier planétaire n’épargne pas l’Hexagone, où plus d’une dizaine de permis d’exploration ont été accordés : nous aurions pu modestement poser nos bagages et nos micros en Bretagne ou en Ariège. Sauf qu’en Guyane, cette colonie française d’Amérique du Sud que Macron prend pour une île, un projet d’une toute autre ampleur est en passe de voir le jour : une méga-mine d’or à ciel ouvert en pleine forêt amazonienne, près de Saint-Laurent-du-Maroni. Alors… Z en Guyane, chiche ?!

À Montreuil, dans notre QG de la Parole errante, on a vite balayé l’idée par la porte. Elle est revenue aussi sec par la fenêtre. Mettre toute la bande dans l’avion, trouver quelques points de chute accueillants et, pendant un mois, sillonner le territoire pour écouter ce que les habitant.es de Guyane ont à en dire, de l’orpaillage, de cette Montagne d’Or, un an après un mouvement social historique ?

Une expédition qui nous emmènerait sur le continent dont les veines ont été ouvertes, et jamais refermées, par les Conquistadores assoiffés de métaux et où, cinq siècles plus tard, des milliers de personnes affrontent aujourd’hui l’emprise des compagnies minières.

Une belle folie pour une revue militante telle que la nôtre, aux moyens très modestes et essentiellement bénévole.

Heureusement, la sagesse l’a emporté : au printemps, nous sommes partis à huit en Amazonie. Du grand Z.

Le logement a été offert par des hôtes chaleureux et disponibles – que les dieux de l’édition indépendante veillent sur eux pour toujours –, et la revue a pris en charge les autres frais : billets d’avion, déplacements durant l’enquête, nourriture, matériel.Nous le savions : ajoutées aux coûts habituels d’une année de travail, les dépenses ont sacrément décollé. D’habitude, faire un numéro coûte 25 000 euros ; cette année, la note est montée à 33 000 euros. Pour pouvoir sortir en septembre 5000 (magnifiques) exemplaires, il nous manque 8000 euros. Nous avons donc décidé de nous adresser à vous, ami·es proches ou lointain·es, lectrices et lecteurs, militant·es, famille, inconnu·es d’ici et d’ailleurs.

Plongée dans un village ndjukacerné par les mines, reportages au cœur du débat public organisé pour le projet Montagne d’or, témoignages amérindiens, bataille de brevets autour des savoirs ancestraux, critique de la conquête spatiale à Kourou : c’est promis, vous aurez de la lecture.

Nous sommes convaincu·es que ce numéro verra le jour et qu’il sera aussi la preuve qu’on peut faire certaines choses en grand hors des circuits de l’économie dominante, en toute indépendance et sans publicité.