«Simplement, il faisait des enfants à sa fille»

Entretien avec Léonore Le Caisne, ethnologue
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Dans «Un inceste ordinaire»1, Léonore Le Caisne enquête auprès des habitants d’un village de Seine-et-Marne, témoins d’un cas d’inceste perpétré pendant vingt-huit ans. Un travail qui interroge les mécanismes collectifs banalisant les viols en famille et met en évidence le lien entre inceste et domination masculine.

Défaire l’industrie

Blocage et recyclage, pour un monde habitable
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Mauvaises Mines. Combattre l’industrie minière en France et dans le monde sortira en librairie le 12 avril prochain. Ses huit courts chapitres dévoilent les menaces du « renouveau minier » français, les pollutions qu’il implique, ses faux-semblants écologiques et ses tentatives d’échapper au débat public. Nous publions ici, en avant-première, le chapitre conclusif.

« Areva, rentre chez toi ! »

En Inde, parmi les résistants à l’EPR
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Tout juste sept ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, Emmanuel Macron a profité samedi 10 mars de sa visite en Inde pour confirmer qu’un accord serait bien signé pour la livraison de six réacteurs EPR à Jaitapur, territoire côtier situé en zone sismique. En réalité, rien n’est encore joué : le fiasco du chantier de Flamanville, avec ses surcoûts pharaoniques et ses retards tout aussi démesurés, marque les tractations. Cela n’a pourtant pas empêché New Delhi de commencer les réquisitions de terres, il y a quelques années. En 2012, Z avait séjourné dans les villages alentours, à la rencontre des habitants déterminés à sauver leurs cultures fruitières et leurs activités en mer. Reportage parmi « les opposants au progrès », ces nouveaux ennemis intérieurs.

À Bure, semer contre la poubelle nucléaire

Forêt occupée et renaissances agricoles dans la Meuse
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Ce mardi 27 février, hiboux, chouettes et autres créatures costumées convergeront à Chatenay-Malabry, au siège de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Elles chanteront leur refus du nucléaire et son monde, malgré l’expulsion musclée le 22 février des occupant.es du bois Lejuc, qui doit être rasé pour réserver son sous-sol aux rebuts de l’industrie atomique. Retour sur quelques années de résistance, où luttes foncières et luttes antinucléaires se mêlent dans la reprise en main de quelques hectares par de drôles d’oiseaux.

Depuis la Bourse du travail occupée

Maïmouna, occupante « sans-papière »
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Le 30 janvier 2018, des exilé.es et leurs soutiens ont réquisitionné un bâtiment de l’université Paris 8 à Saint Denis. Cet hiver, des salles universitaires avaient déjà été occupées à Lyon ou à Grenoble. Une manière de faire tenir ensemble le besoin concret de réquisition des lieux pour ne plus dormir à la rue et la nécessité de s’organiser politiquement pour défendre la liberté de circulation. Ces occupations font écho à celle de la Bourse du travail, menée dix ans plus tôt par d’autres, qui avaient décidé de se faire appeler « sans-papiers ». L’occasion d’écouter Maïmouna, l’une des actrices de l’époque, qui raconte au collectif Précipité le quotidien de l’auto-organisation, entre cuisine collective et galères de chauffage.

Éloge du possible

Sur la résistance à l’aéroport du Grand Ouest
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Lorsque je conterai à mes petits-enfants, si j’en ai un jour, les quarante années de lutte contre l’aéroport prévu dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes à côté de Nantes, je crois que je commencerai par les cabanes.
Celles qui font exploser l’imaginaire. Celles qui rendent invincible et qui transforment la lutte en un jeu permanent. Hommage à celles et ceux qui luttent sur la ZAD : « Zone d’aménagement différé », rebaptisée « Zone à défendre ».

40 ans de lutte à Notre-Dame-des-Landes

Souvenances d’une vie en contribution à la lutte contre l’aéroport

C’est un enfant de la terre. Un paysan en lutte. Un camarade qui restait dormir dans les usines en grève. Un militant qui n’écoutait pas les grands discours en 68. Un homme consterné par la gauche au pouvoir en 81. Un « otage du nucléaire ». Un passionné qui fabrique encore du commun. Un monsieur de 77 ans qui habite avec sa femme dans sa ville de toujours. Il dit en somme que si un aéroport n’a aucune racine, la résistance a elle un héritage.

Retour social sur investissement

Quand les fondations d’entreprise refont le monde
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Fondations Vinci pour la Cité, Agir pour l’emploi Engie, Carrefour, Sanofi Espoir… Depuis la loi sur le mécénat votée en 2003, les fondations d’entreprise se multiplient, accumulant les initiatives reluisantes. Mais que font-elles au juste ?

Riposte !

Marche de nuit et autodéfense contre les agressions sexistes
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En 2015 à Marseille, quelques mois après le viol d’une camarade, un groupe de proches décide d’organiser avec elle une marche de nuit de femmes et de personnes trans pour protester contre les différentes oppressions sexistes vécues au quotidien. Reportage-analyse à la rencontre de celles qui mettent en place des ripostes individuelles et collectives pour se dépêtrer des filets de la domination patriarcale.

Dans la Google du loup

Reportage au coeur de la Silicon Valley
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Voyage sur le campus de la plus célèbre entreprise du monde, à l’intérieur des sous-bois du futur, à la rencontre de la supposée utopie où Google scénarise un monde et son langage.

L’utopie des technopoles radieuses

D’où vient-elle, où nous mène-t-elle ?
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Le modèle technopolitain fondé sur la recherche-innovation s’est imposé à toutes les grandes villes. À l’origine conçues comme un moyen de dépasser les contradictions d’une économie fondée sur la consommation de masse et la destruction de la nature, ces «villes de la connaissance» en sont devenues le principal moteur. Comment passe-t-on du «small is beautiful» au nouveau gigantisme industriel ?

Zoner dans les camps ou rentrer au village ?

Le quotidien des sinistrés de Fukushima
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Connaissez-vous le concept de « perte incertaine » ? Imaginez : vous apprenez qu’un proche est mort, mais on vous laisse croire qu’il pourrait revivre. Voilà ce que les sinistrés du nucléaire subissent, une « perte incertaine » de leur terre et de leurs vies passées. Ils savent la contamination radioactive irréversible et quasi-éternelle. Mais les autorités leur assurent que grâce aux travaux de « décontamination »1, prétendument achevés depuis un an, ils peuvent rentrer chez eux. Reportage.

« Ce n’était pas juste une histoire de voyous »

Témoignage des frères Khira
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Les frères Hamana et Mohamed Khira avaient 19 et 20 ans en 1981. Trente ans plus tard, ils reviennent sur l’histoire de la ZUP des Minguettes, le quartier où ils ont grandi. Il racontent la solidarité de quartier, mais aussi le harcèlement policier qui ont marqué cette période d’effervescence.

Anatomie du chez-soi

De l’usage commun à la spéculation immobilière, analyse de la propriété foncière

La propriété telle que nous la connaissons aujourd’hui n’a pas toujours existé. La bête noire de la critique sociale du XIXe siècle – le « vol » dénoncé par le théoricien anarchiste Proudhon – n’en est qu’un type bien particulier : la propriété bourgeoise, ou purement marchande. Mais la notion de propriété foncière est composée de plusieurs strates, sédimentées par l’histoire, qu’il s’agit ici de déplier pour penser la garantie d’un « chez-soi » à l’heure où la majorité est dépossédée de tout, contrainte de se vendre pour habiter quelque part.

Chronique de l’indélébile

La décontamination comme mensonge politique
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Pour mettre fin aux évacuations et s’épargner de lourdes indemnisations, l’État japonais a tout misé sur la « décontamination ». Treize milliards de dollars en poche, trois géants du BTP du pays sont chargés de rendre la région habitable le plus vite possible. Mais en matière de nucléaire, que signifie réellement « décontaminer » ?

La ruée vers l’ordre

Reportage sur le site d’un méga-projet aurifère en Chalcidique

La crise économique tombe à pic pour enfin concrétiser le projet ambitieux d’ouvrir une mine d’or à ciel ouvert dans le nord-est du pays. En laissant la concession à la société canadienne Eldorado Gold, la Grèce souhaite montrer aux investisseurs privés, d’ici ou d’ailleurs, qu’elle les accueille à bras ouverts. Sur place, face à la destruction de la montagne, la résistance s’organise dans de nombreux villages, avec parfois des sabotages d’envergure. Mais l’entreprise et les pouvoirs publics ne sont pas près de lâcher prise : répression, intimidations, chantage au travail et manipulation des affects, tous les coups sont permis.

La prise de Saint-Fons

Par les industriels de la chimie
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Texte : Celia Izoard1er dessin: Antoine Marchalot et Renaud Thomas 2e dessin Renaud Thomas
«Est-il logique qu’une population agricole soit sacrifiée au profit de quelques industriels réalisant de gros bénéfices, qui ont apporté le fléau destructeur de nos récoltes en venant implanter leurs usines dans nos campagnes ?» (Conseil municipal de Vénissieux, 22 avril 1887)