Qui sommes-nous ?

Au printemps 2009 sortait le premier numéro d’un canard-tortue imaginé par une bande de joyeux déserteurs. Installée chez des éleveurs du Tarn, la rédaction inaugurait le principe de l’itinérance : s’immerger dans la réalité d’un territoire, pour un mois au moins, enquêter collectivement, s’égarer et nouer des liens, prendre part aux luttes ; et, à partir de ces ingrédients, fabriquer, à prix abordable, une belle revue d’analyse critique de deux cents pages qui donne la parole à des gens qu’on entend peu, et où le dessin et la photo occupent une grande place.

Pour chaque année, un numéro. Pour chaque lieu d’enquête, un grand thème.

Au fil de nos itinérances, nous nous sommes plongés dans quelques grands enjeux contemporains : Industrialisation de l’élevage à partir du Tarn (Z1) ; Rénovation urbaine et résistances populaires depuis Marseille (Z2) ; Luttes ouvrières et délocalisations à Amiens (Z3) ; Capitalisme vert et Zad à Nantes et alentours (Z4) ; Enjeux du travail social à Paris (Z5) ; La société nucléaire (Z6) ; Auto-organisations de base face à la crise de la dette à Thessalonique, en Grèce (Z7) ; Héritage des luttes des quartiers populaires à Vénissieux (Z8) ; Start-up, high-tech et Silicon Valley à Toulouse (Z9) ; Sexisme et solidarités féministes à Marseille (Z10)…

La revue est hébergée par les éditions Agone, distribuée par les Belles Lettres et imprimée par Horizon près de Marseille. Une fois l’objet entre nos mains, nous prenons le temps de partir sillonner les routes pour faire étape dans les librairies, les maisons et les squats, défendre notre projet, nos textes, notre colère et rencontrer les amis : fidèles lectrices, lecteurs en devenir, curieux, camarades…

Depuis bientôt dix ans, Z existe, persiste et change, au gré de nos propres existences. Un graphiste, un rédacteur et quatre rédactrices, éparpillées au quatre coins de l’Hexagone, dont quatre ont bénéficié en 2014 et 2015 de quelques centaines d’euros mensuels grâce au dispositif des emplois aidés. Une quarantaine de contributeurs et contributrices, poètes, relectrices, photographes, dessinatrices, dessinateurs, toutes et tous bénévoles.

Plus de la moitié des ressources de Z provient de la vente des numéros (par abonnement, en librairies et en direct). La fondation Un monde par tous nous soutient régulièrement à hauteur de quelques milliers d’euros ; ainsi que, plus récemment, le Fonds de soutien aux médias de proximité du ministère de la Culture.

La Parole Errante, centre de culture et de résistances planté à l’ombre de la grande maison de l’arbre où vivait l’auteur et poète Armand Gatti, à Montreuil, a hébergé Z dès ses débuts. Le 9 rue François Debergue reste notre adresse postale, bien que nos locaux aient été réquisitionnés par le Conseil Général du 93 en 2014. Depuis, le collectif audiovisuel Synaps nous a ouvert la porte de ses locaux à Arcueil, en banlieue parisienne sud – lieu de réunions intenses, d’archivage et de stockage. En 2018, le bail précaire touche à sa fin : la suite n’est pas encore écrite…